Aquaplanet

 

Quand l'art et la science se rencontrent autour du climat - Du 12/11 au 12/12 à Magny les Hameaux

L’exposition Aquaplanet sera à la Maison de l’environnement, des sciences et du développement durable de l’agglomération de St Quentin en Yvelines du 12 novembre au 12 décembre !

Elle s’inscrit dans la programmation Le climat en question , qui se déroule de novembre à décembre 2015 sur le territoire de l’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines (plus de 20 lieux).

Retrouvez le détail de la programmation : www.atelier-des-sciences.agglo-sqy.fr

 

Infos pratiques Aquaplanet – 6 rue Haroun Tazieff, 78114 Magny-les-Hameaux

Horaires : du mardi au samedi de 14h à 18h – Entrée libre, visite possible avec médiateurs.

Groupes et scolaires accueillis sur réservation le matin aussi.

 

Exposition « Aquaplanet », par Labofactory : Laurent Karst, architecte designer professeur des Beaux-Arts de Dijon, François Eudes Chanfrault, compositeur & Jean-Marc Chomaz artiste physicien avec la participation de Gaétan Lerisson  et Eline Dehandschoewercker avec le soutien du Laboratoire LadHyX, de L’Ecole Polytechnique, de la fondation Carasso, du Labex LaSIPS et de la Diagonale Paris-Saclay

 

L’exposition “Aquaplanet” est un manifeste, un territoire d’invention à la fois sensible, familier et étrange. Elle est habitée des tempêtes de l’installation “Fluxus” qui transforme Amstelpark en navire traversé des vagues gravitationnelles de la maison de verre. Elle nous dit la fragilité de l’atmosphère par l’installation performance “2080mm”, où l’oxygène de l’air devient tangible. Dans l’installation “Redshift”, nos ombres que l’expansion de l’Univers décalent vers le rouge, renoncent aux aplats de lumière, noires surfaces découpées qui revendiquent les quatre dimensions et se placent fièrement entre le soleil et sa proie. Elles flottent dans l’espace comme des lambeaux de ciel abandonné des astres. L’installation “Redshift” permet à nos sens de percevoir la course de notre planète à travers les dilatations de l’espace-temps, fantôme d’éolienne générant le vent solaire. Elle figure aussi les souffles de l’air d’une atmosphère où s’impriment les ombres des créations anthropiques.

 

  • Les avancées / Les réalisations :

Durant l’année 2014-2015 nous avons réalisé l’exposition “Aquaplanet” avec l’installation Fluxus et 2 créations originales : 2080 et Redshift.

 

L’art pressent la vibration d’autres univers, explore d’autres futurs. “Aquaplanet” est une abstraction scientifique, une planète entièrement recouverte d’eau sans continent, sans relief même sous-marin, juste les vagues et le vent. C’est une fiction qui permet d’interroger la ronde rugissante de l’atmosphère et de l’océan, l’étonnante complexité d’une épure dans l’imaginaire de silicone de nos machines.

 

Note d’intention et description de l’installation Fluxus :

Les métamachines Fluxus sont constituées d’un bassin de 3 mètres de long par 10 cm de large rempli de 27 cm d’eau. Lorsqu’elle est frappée, la surface de l’eau, tendue par la gravité, oscille. Comme la corde d’une guitare ou la peau d’un tambour, cette oscillation va correspondre à un ensemble de notes chacune associée à un nombre entier de vagues dans le bassin.

Les métamachines Fluxus deviennent alors des tambours mous sonnant sur les fréquences 1.71Hz et 1.31Hz. Ces fréquences représentent des infrasons inaudibles à l’homme mais visibles par le mouvement des vagues. Un générateur de vapeur froide attaché à chaque batteur génère en permanence une mince couche de brume et embue sur les vitres. Cette brume permet une inversion de la matérialité de la vague. Cet effet est renforcé par l’éclairage par deux bandes de LED diffusé par la couche de brume s’échappant aussi par les deux ménisques que forme la nappe d’eau au contact des bords du bassin. Lorsque les vagues se brisent ou déferlent la surface même de l’eau devient lumineuse donnant à ces mouvements une étrange plasticité.

La composition musicale conçoit les métamachines Fluxus comme des instruments de musique jouant leurs infra-notes. La musique électronique est composée sur la partition de ces tambours mous silencieux. Parfois le son se fait grondement de la terre, crescendo, roulement ou reflux. L’ensemble crée un paysage sonore à la fois audible et visuel, familier et étrange où la gravité semble inversée l’air étant lourd de nuée et de lumière. La surface de l’eau prend un aspect métallique tendu entre deux lignes de lumière et s’éclaire lorsque les vagues trop fortes déferlent ou s’affrontent en produisant des figures éphémères et chimériques toujours renouvelées car non linéaires et chaotiques.

 

L’installation avec trois métamachines Fluxus définit un espace nouveau, une Aquaplanet où le spectateur retrouve l’abstraction, un océan de tempêtes ou de calmes plats, un univers primordial d’avant la Pangée dont la fine écriture d’eau de l’ADN a gardé souvenance.

 

Note d’intention et description de l’installation Redshift :

Est-ce la dilatation de l’espace, ou bien la lumière qui finit par se souvenir que l’Univers à un âge ou bien qu’il n’en a plus ? Mais les ombres que nos corps portent sur les galaxies lointaines se décalent inéluctablement vers le rouge laissant sur nos silhouettes qu’une légère irisation de bleu. Comment retourner le temps pour éclairer l’Univers, étoile double de ton regard ? Le cri de l’absence contracte le vide. Les diaphanes lambeaux de nuit se mêlent aux vivants. Grandes voiles noires que le vent solaire gonfle, elles transforment le présent en une arche de fantômes.

 Redshift est une installation de réalité augmentée purement analogique. Par un procéder optique, sans aucun recourt à un artéfact numérique, elle permet aux spectateurs de se déplacer dans un espace où les ombres portées s’abstraient des surfaces sur lesquelles elles se forment et apparaissent comme des fantômes tridimensionnels. Comme si un repliement de l’univers avait mélangé les objets et leur empreinte négative. Ces formes planes en suspend se déplacent avec la source lumineuse. Par un retournement du temps, le procédé nous fait voir la scène du point de vue de la lumière. L’absence devient énergie noire rendue tangible par le décalage vers le rouge qu’elle provoque. Pour cette installation à Amstelpark, des ventilateurs, vestiges de notre civilisation mécanique, deviennent sphères armillaires pour réinventer l’univers et souffle de leur vent solaire les fantômes du vivant où des illusions anthropiques.

 

Note d’intention et description de l’installation 2080 et de la performance associée :

L’atmosphère est une couche de gaz extrêmement fine vue de l’espace, où les nuages apparaissent comme une peau tendue à la surface d’une sphère peinte. L’homme n’a compris la non‑pérennité de l’air que depuis l’invention du vide et de la pression atmosphérique par Blaise Pascal et avec l’observation des variations de la colonne de mercure de Torricelli entre la plaine et le sommet du Puy de Dôme. Cette idée est passée dans l’imaginaire collectif avec des expériences nées de la curiosité que suscita l’invention de la pompe à vide, comme figuré dans le célèbre tableau du British Museum de Joseph Wright of Derby. Ce dernier représente une expérience sur le vide inspirée de travaux de Robert Boyle datant de 1768. L’idée de non-pérennité de la part d’oxygène qui compose l’air n’est pas encore entrée dans la conscience collective, car paradoxalement l’oxygène n’est pas encore perçu comme une ressource non durable et aucun pays n’a encore proposé d’en taxer la consommation. Seules les multinationales comme Air Liquide qui commercialisent ce bien commun, comprimé ou liquéfié, se posent la question de son économie durable ainsi que de l’épuisement de sa capacité de régénération (effectuée en grande partie par le phytoplancton) que pourrait induire le développement de nouveaux procédés de production d’énergie ou l’affaiblissement de la vie dans les océans. L’installation 2080, part de la constatation que si l’ensemble de l’atmosphère était liquéfié alors la planète serait recouverte d’une couche de 2080mm d’oxygène liquide, la taille d’un humain. L’oxygène diffuse plus le bleu de la lumière, en transmission une lumière blanche devient rouge orangé comme un soleil couchant. Un trait de lumière bleu à 2080mm du sol produit par quatre lasers équipés d’une lentille cylindrique produisant un plan horizontal de lumière, ceinturera l’ensemble de la Maison de Verre et débordera sur les arbres et tous alentours et le public sera invité à la poursuivre pour que 2080, devienne la matérialisation de l’atmosphère, une couche si mince facile à polluer localement ou globalement. Lors du vernissage, des cornues de cuivre remplies d’azote liquide condenseront l’oxygène de l’air en un fin filet de gouttelettes et une goutte d’oxygène sera distribuée à chaque convive qui le souhaite. Les propriétés ferromagnétiques de l’oxygène permettront de l’identifier. Les gouttes suivront des trajectoires chaotiques repoussées par les séparatrices d’une cascade magnétique générée par une collection d’aimants permanents, avant d’être distribuée à l’assistance.

 

 

L’exposition Aquaplanet a été exposée par Zone2Source à Amstelpark, Amsterdam de mai à août 2015. Elle a reçu les labels « side event of COP21 » et « side event of Our common futur under climate change ». Elle a reçu la visite d’environ 5000 visiteurs et à été vue de l’extèrieur de la maison de verre par au moins autant de personnes. Elle sera présentée à la maison de l’Environnement de Magny les hameaux en octobre et novembre 2015.

 

Images de la galerie : 

– Métamachines Fluxus présentée dans la Glazen Huis, à Amsterdam

– Installation Redshift telle que présentée à Amsterdam Mai-Aout 2015 (doit être regardé avec des lunettes 3D anaglyphe rouge/cyan)

– Installation 2080 lors de la performance inaugurale à la Glazen Huis, Amsterdam, la cornue de cuivre remplies d’azote liquide condense l’oxygène de l’air en fines gouttelettes distribuées à l’assistance.

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